Histoire de Cenne-Monestiés

L’industrie textile

Historique

1644début de l’industrie textile.
1752Construction de la Manufacture
1758Attribution Manufacture Royale
1774Arrêt de la Manufacture Royale
1840Effilochage déjà installé à Cenne
1850Essor de la filature à Cenne. Il se fabrique alors dans les 6,000 pièces de drap par an, donnant du travail à 700 ouvriers de Cennes et 500 ouvriers du dehors,
1870Début des entreprises Escourrou
1885Le Barrage est construit
1904L’électricité arrive

La Manufacture Royale

Au quatorzième siècle, le Languedoc est la troisième région drapière d’Europe après l’Italie du Nord et la Flandre.

Au 16e siècle, on commence à regrouper toutes les opérations textiles : tissage, foulage, teinturerie, apprêts..., en une Manufacture. En 1683, la première Manufacture reçoit de Colbert le titre de Manufacture Royale Privilégiée. 5 autres suivront dans l’Aude. Elles sont autorisées à travailler pour l’exportation vers le Levant (Proche Orient)

En 1752, le sieur Albert construit un Manufacture à l’entrée du village.

En 1758 il reçoit titre de Manufacture Royale et le droit de fabriquer des londrins (Drap léger fait à l’imitation de quelques draps d’Angleterre). Il peut exporter vers le Levant sans être "privilégiée

Une partie du filage et du tissage est probablement effectuée à domicile par les Cennois. Le bâtiment en face de la Mairie est peut-être utilisé pour cela. Ils produisent une cinquantaine de pièces par an. C’est le début pour Cenne-Monestiés une véritable "vocation industrielle" qui a duré jusqu’à nos jours.

Elle cesse son activité vers 1774.

L’Effilochage

L’effilochage, qui se pratiquait déjà à Cennes en 1840, s’est peu à peu substitué à l’industrie drapière. Cennes-Monestiès est un des berceaux de l’effilochage. Jusqu’en 1910 elle était le seul centre d’effilochage de France.

L’eau du Lampy se prête merveilleusement à ce travail.

Outre, la force motrice et la main-d’œuvre spécialisée permirent aisément la reconversion de l’industrie drapière en industrie de l’effilochage.

La nouvelle technique de la teinture est venue encore revaloriser l’effilochage.

Les vieux chiffons étaient ramenés à Cenne pour recyclage (Poubelle préfet de Paris.) Ces chiffons contenaient laine et coton. Il fallait éliminer le coton pour ne laisser que la laine. On plaçait les chiffons sur une plateforme. En-dessous on mettait des boules en fer qu’on chauffait au rouge. On y laissait goutter de l’acide chlorhydrique qui se vaporisait en dissolvait le coton.

Extrait de « Une Etape Dans L’Aude Industrielle (1954)

« La principale opération de l’effilochage consiste à. éliminer le coton qui peut se trouver mélangé à la laine dans les chiffons. Dans des appareils appelés carbonisateurs, cette opération s’effectue au moyen d’un bain de vapeur d’acide chlorhydrique à. 200 degrés. Le coton, carbonisé par cet acide surchauffé, se sépare de la laine pure et est évacué automatiquement à l’extérieur de la machine. Les chiffons de laine sont aussitôt classés en nuances et finesse à la main et ensuite introduits dans des cuves où ils sont désacidés durant un séjour de 6 à 8 heures.

De là, les chiffons vont à l’essoreuse. C’est une autre machine comportant un panier perforé qui tourne à. une très grande vitesse. La force centrifuge chasse l’eau.

Il reste alors à, pratiquer l’effilochage. Ce sont des machines, les effilocheuses, qui se chargent de cette nouvelle opération. L’élément essentiel de ces machines est un cylindre recouvert de pointes d’acier qui déchirent le tissu. Au sortir de l’effilocheuse, la laine est redevenue de la fibre. Cette fibre est disposée ensuite dans des laveuses à grande circulation d’eau, puis, à nouveau, dans des essoreuses. Il reste dans la laine 30 % d’humidité.

L’on procède alors, à la coloration. La fibre de laine est introduite pour cela dans des bacs à teinture en acier inoxydable, ou en bois. Sur certaines fibres foncées, on pratique auparavant la décoloration.

Après un nouveau lavage et un nouvel essorage, la fibre est soumise au séchage. Ce séchage s’effectue dans des séchoirs chauffés à l’air chaud. Celui-ci arrive à travers le sol grillagé sur lequel est étendue la fibre. L’humidité est aspirée par une ouverture située au plafond du séchoir. Au sortir, du séchoir, la laine est amenée, au moyen de palans, à l’étage supérieur où’ elle est introduite dans la presse à emballer.

La laine sort de cette dernière machine compressée et emballée. Il ne reste plus qu’à’ coudre les balles, serrer celles-ci au moyen de fil de fer et les expédier vers les usines de textiles. Car, ainsi que nous l’avons indiqué plus haut, les fabriques de textiles du sud-ouest (Castres, Lavelanet, Vienne, Mazamet) constituent pour les effilocheurs de Cenne le principal débouché »

Mise à jour: 13 mai 2014